• Né le 26 mai 1907 à Paris. Descendant d’une famille de grands ingénieurs.

Études :

  • Etudes secondaires au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il acquiert une solide connaissance de la littérature classique française. Il commence à écrire à l’âge de 17 ans, jusqu’au point d’hésiter entre la médicine et la littérature. Il finit par se décider pour la médecine : « La médecine me parut allier l’humanisme et mon goût pour les sciences ». (In C’est de l’homme qu’il s’agit, Odile Jacob, 1988).
  • Il poursuit ses études universitaires à la Faculté des Sciences de Paris, à la Faculté de Médecine et à l’Institut Pasteur.
  • Il devient interne des Hôpitaux à Paris, entre dans le service du Professeur Paul Chevallier, qui est un maître en hématologie. Jean Bernard éprouve une grande admiration pour ce médecin et c’est grâce à lui qu’il va faire des maladies du sang l’affaire de sa vie.
  • Il obtient son doctorat en médecine avec une thèse sur la leucémie.
  • Il s’engage dans un réseau de la Résistance contre les allemands. Il est l’un des cinq cents titulaires de la carte de Résistant de 1940. En 1943, il est fait prisonnier et il est incarcéré six mois à la prison allemande de Fresnes. Relâché peu avant la Libération, il reprend le combat. Il ne déposera les armes qu’une fois la capitulation allemande proclamée le 8 mai 1945.

Activités médicales et réflexion éthique:

  • En 1947, avec Jean Hamburger, Jean Bernard (spécialiste en phrénologie) crée l « Association pour la recherche médicale ». En 1962, cette association deviendra la « Fondation pour la recherche médicale ».
  • En 1947, à l’hôpital Hérold, il obtient avec Marcel Bessis la première rémission dans un cas de leucémie chez un enfant. Jean Bernard a eu l’idée de modifier le milieu intérieur, et c’est Marcel Bessis qui a apporté la technique de l’exsanguino-transfusion, consistant dans le remplacement total du sang d’un organisme. En outre, Jean Bernard décrit la première leucémie induite chez l’homme par des produits chimiques nocifs. Cette étude permettra à Jean Bernard d’aborder le traitement curatif de la leucémie.
  • En 1956, il est professeur de cancérologie.
  • En 1958, il devient membre du Comité consultatif de la recherche scientifique. Il fait partie du Comité des douze sages qui conseille le Général de Gaulle sur l’orientation de la recherche en France.
  • En 1961, il devient professeur de clinique des maladies du sang et prend la direction de l’ « Institut de recherche sur les leucémies et les maladies du sang »  installé à l’hôpital Saint-Louis. La localisation d’un centre de recherche dans un hôpital est délibérée. C’était la volonté de Jean Bernard qui a toujours voulu que la recherche ne soit pas coupée de l’approche clinique et des symptômes pathologiques observés.
  • En 1962, il isole une substance, la rubidomycine, dont il réussit à démontrer l’efficacité pour le traitement des cas de leucémie.
  • L’hématologie, qui était jadis une discipline unifiée, tend à se diviser en domaines plus spécialisés. C’est Jean Bernard qui oriente son collègue Marcel Bessis vers la cytologie. Jean Dausset est, lui, orienté vers l’immunologieet J. Ruffié vers la topographie sanguine. Jean Dausset découvrira ainsi le système majeur d’histocompatibilité (ou compatibilité tissulaire) dit HLA. Pour ses découvertes, il recevra le prix Nobel de médecine en 1980. C’est ce système majeur d’histocompatibilité -ou compatibilité tissulaire- qui permet de connaitre la compatibilité ou l’incompatibilité entre les tissus dans les cas de greffe (cœur, rein..). En d’autres termes, l’acceptation ou le rejet, par un corps, d’un tissu provenant d’une autre créature.
  • En 1983, il devient président du « Comité consultatif national d’éthique des sciences de la vie et de la santé« . Ainsi, Jean Bernard a toujours voulu faire de la médecine une discipline liée aux valeurs humaines.
  • Il fut l’ami de Paul Valéry et de Jules Romains. Il sera élu à l’Académie française, le 15 mai 1975.

 
Décorations et Distinctions:

 
œuvres:
Jean Bernard a écrit des ouvrages en médecine, des romans et des réflexions philosophiques, dont :

  • 1932 : La Maladie de Hodgkin (avec Paul Chevallier)
  • 1936 : Polyglobulies et leucémies expérimentales provoquées par les injections intra-médullaires de goudron
  • 1945 : Survivance, poèmes (3e édition complétée, 1977), réédition Buchet-Chastel 1994
  • 1947 : Première rémission complète de leucémie aiguë par exsanguino-transfusion (avec Marcel Bessis)
  • 1948 : Les Maladies du sang
  • 1958 : Hématologie clinique (avec Marcel Bessis)
  • 1960 : État de la médecine, Buchet-Chastel
  • 1965 : Premières rémissions de longue durée, premières guérisons de leucémies aiguës
  • 1965 : Les Cytopénies médicamenteuses (avec Jean Dausset)
  • 1966 : Chroniques hématologiques. Hématologie géographique. T. I : Caractères héréditaires du sang
  • 1972 : T. II : Variations hématologiques acquises (avec J. Ruffié)
  • 1973 : Grandeurs et tentations de la médecine
  • 1975 : L’Homme changé par l’homme, Buchet-Chastel, réédition 1994
  • 1976 : Traité d’hématologie (avec Jean-Paul Lévy et Bruno Varet)
  • 1978 : L’Espérance ou le nouvel état de la médecine, Buchet-Chastel,
  • 1980 : Mon beau navire, Buchet-Chastel, réédition 1994
  • 1981 : Le Sang des hommes, Buchet-Chastel, réédition 1994
  • 1983 : Le Sang et l’histoire, Buchet-Chastel, réédition 1994, ouvrage à approche biologisante[
  • 1984 : L’Enfant, le sang et l’espoir, Buchet-Chastel, réédition 1994
  • 1987 : Et l’âme ? demande Brigitte, Buchet-Chastel, réédition 1996
  • 1988 : C’est de l’homme qu’il s’agit, éditions Odile Jacob
  • 1990 : De la biologie à l’éthique, Buchet-Chastel, réédition 1994
  • 1991 : Circonstances, Buchet-Chastel, réédition 1994
  • 1992 : Le Syndrome du colonel Chabert, Buchet-Chastel, réédition 1994
  • 1992 : La Légende du sang, Flammarion
  • 1993 : Les Deux Privilèges, Flammarion
  • 1993 : Rêveries d’un promeneur dans le jardin du Luxembourg, Buchet-Chastel, réédition 1994
  • 1993 : Espoirs et sagesse de la médecine, Odile Jacob
  • 1994 : Médecin dans le siècle, éditions Robert Laffont
  • 1996 : Le Sang des poètes, Odile Jacob
  • 1996 : La Médecine de demain, Flammarion, réédition 2002
  • 1997 : Le Jour où le temps s’est arrêté, Odile Jacob
  • 1998 : La Médecine du futur, Le Cherche-Midi
  • 1999 : La Mosaïque humaine (en collaboration avec Jean Dausset), éditions Calmann-Lévy, réédition 2000
  • 2000 : L’Avenir de la médecine (avec Martine Leca), Buchet-Chastel
  • 2001 : Vieillir, Calmann-Lévy
  • 2003 : Si Hippocrate voyait ça ! (en collaboration avec le professeur André Langaney), éditions Jean-Claude Lattès
  • 2004 : Dans la prison que France est devenue : Mémoires de résistance (en collaboration avec Antoine Hess), éditions Albin Michel. Prix de la Résistance ;

 

  • Décédé le 17 avril 2006, à l’âge de 98 ans. On a dit de lui qu’il était « Le médecin du siècle ».