Le don, fait par Ahmed Bey en 1840, de plusieurs milliers d’ouvrages à la grande mosquée de Tunis inaugure une série d’acquisitions et de réformes qui dotent au cours du siècle la Zaytūna d’une importante bibliothèque. L’étude de ces fonds témoigne de l’institutionnalisation croissante de la mosquée-université de Tunis, du lien constamment entretenu entre le souverain et les oulémas, mais aussi de l’évolution des savoirs transmis, à l’heure où l’essor de l’imprimé de langue arabe change le rapport au livre et à la lecture. Fruit d’une recherche en cours, cette intervention insistera sur les aspects méthodologiques, notamment sur l’usage des listes d’ouvrages (catalogues, inventaires, index…) comme source pour l’historien.